On va parler d'arbres et de feuilles. Multicolores, de préférence. C'est à peu prêt ce qui régit ma vie en ce moment. Trouver des endroits remplis de feuilles et d'arbres pour apprécier l'automne
à sa juste valeur.
Comme je ne suis pas -j'appuie fortement mon « pas »- raisonnable, je m'étais fixé un gentil trajet de 54kilomètres aller-retour vers un parc naturel. Après concertation, non
pas avec ma raison mais avec les humains qui m'entourent, il s'est avéré, que quand même, j'étais cinglée.
A la place, dans un élan de lucidité venu de nul part, j'ai pensé au « Royal Botanical Garden ». Merci, lucie dité. Merci, celui qui a inventé les élans. J'ai donc trouvé mes arbres, et
çà fait deux jours que vous pouvez m'y trouver, coincée au creux d'un tronc.
Nota Bene à moi-même, lorsqu'à 18h, tu entends les sifflets, et qu'il n'y a plus que les écureuils dans le parc, commence quand même à te rapprocher des grilles de sortie. S'il te plait. Non
parce que la prochaine fois tu seras Blanche Neige, dormant dans les feuilles, avec 7 écureuils chantant « hey ho on rentre du boulot ».
N'oublie pas, Edinburgh, après la tranche horaire 11h-16h, c'est comme tenter un séjour dans le freezer que tu n'as pas.
Je n'étais pas seule. La lueur dans ses yeux se voient clairement. Nours est juste extraordinaire parce qu'il est encore capable de s'émerveiller pour des petites choses.
Mis à part ces interludes orangées, je suis quand même retournée à l'appart'. Mickey Mouse a décidé de sortir deux fois devant mes yeux.
La première fois, c'était un matin, au REVEIL, soit le moment où les sens sont ENDORMIS.
Elle était là, plantée sur ses pattes arrières devant un morceau de pain de deux fois sa taille. Je l'ai regardé, elle m'a regardé, je me suis soudainement réveillée, elle est soudainement sortie
de sa trance et, dans sa tête de 2mm², un message de la part de son instinct de survie lui est arrivé au niveau du cortex.
« Oh. Wait. (c'est une souris écossaise). Cette chowse pleine de cheuveux is en wéalité une... Human!!!!! HELP! ».
Elle a donc décidé de s'en aller derrière le four (on a connu mieux comme stratégie de repli) , laissant le bout de pain à l'abandon (ah bah sympa, on lâche les
copains), et puis s'est finalement faufilée derrière la laveuse.
Génial. Je suis tombée sur la souris la plus bête de tout Edinburgh.
Y'a PAS de trou derrière la laveuse, çà ne sert à rien, si je pousse la machine je t'écrase contre les murs... Neuneu de souris.... Bien sûr, je vous raconte çà comme si j'étais restée 10 minutes
à observer la scène, mais çà a du duré 10secondes. J'ai des réflexes de survie moi aussi.
J'ai barricadé la porte du salon, j'ai barricadé MA porte, j'ai enfilé des chaussures et... j'ai attendu.
J'avais faim, et absolument rien à avaler. HORS, le matin, c'est «MANGER » ou rien du tout. Qui plus est, je m'étais fait une JOIE de manger mes tartines chaudes au beurre.
J'ai finalement pris mon courage à deux mains et... (maintenant on entre dans la partie où vous pouvez allégrement vous moquer sans culpabiliser) (mais vous ne culpabilisiez déjà pas) :
j'ai littéralement plongé sur le plan de travail surrélevé. BUT : attendre le frigo sans lâcher le sol des yeux et sans poser un pied sur le sol. Malheureusement, mon lait (de soja)
se trouvait à l'endroit où la souris s'était cachée. Les céréales, aussi, mais en hauteur.
Parfait. Je suis montée sur cette table pour rien.
Parfait.
Çà va être une journée compliquée.
Je l'ai pourtant fait, en 3 secondes 45 chrono. Céréales-lait-bol-cuillère.
Les informations n'ont jamais été aussi claires dans mon cerveau. Je ne suis plus retournée dans le salon après çà. Le soir, alors que je tergiversais avec Anne-Sophie sur l'hypothétique porte
d'entrée de Mickey, justement, QUI EST-CE QUI SE DECIDE A SORTIR D'UN TROU NON SUSPECTé? Mickey.
Hurlements, instinct de survie, repli vers la chambre.
(bientôt, elle me volera nours).
Définitivement, je crois que je développe une sorte de peur des choses de petites tailles qui courent à grande vitesse sans prévenir, et qui grattent le bois à la manière d'un film d'horreur.
Moi. Ridicule. Nous avons fini par boucher les trous visibles. Maintenant, des petits champignons de sacs en plastique gisent un peu partout dans le plancher. Dernière nouvelle en date, alors que
je ressentais une sorte de pouvoir surnaturel à l'idée qu'elle soit coincée sous le plancher grâce à de simples sachets, je me suis rendue compte, ce matin même, ENCORE AU REVEIL, que dans mon
sac à pain, il y avait un trou, que dans mon pain, il y avait DES trous, que çà avait été buffet à volonté toute la nuit, et qu'une nouvelle fois, elle m'avait détruit le plaisir de prendre un
bon petit déjeuner.
J'ai quand même réussi à faire de la pâte à sel une heure sans psychoter sur les lattes de bois, progrès, non?
(.... La pâte à sel? Oui, je l'ai oublié dans le four. Oui, elle est brûlée. Non, ce n'est PAS grave.)
Le prochain épisode, mes excuses aux amoureux des petites bêtes, sera son enterrement au cimetière des souris, i.e. Le jardin.
MERCI pour les lettres, cartes géniales, photo (l), et colis fantastiques. Merci, merci, merci, merci, mercimercimercimercimercimercimerci. Vraiment.
le mot de la fin à Lars (Ulrich, de Metallica) :